
C’est par Eddy Schaff que j’ai rencontré Gérard Pierron. Eddy,
pianiste et accordéoniste, compagnon musical depuis sa composition pour Handke-Buren que j’avais mis en scène lors du festival d’Avignon
89 accompagnait aussi le chanteur. Je connaissais sa voix en disque, j’ai
été conquise par sa présence sur scène et par sa chaleur.
Je lui ai proposé de jouer dans Une partie de campagne
que j’adaptais du scénario de Renoir avec des extraits de la nouvelle de Maupassant.
D’ailleurs Gérard a une gueule à avoir tourné dans un film de Renoir !
Il a accepté et s’est investi avec enthousiasme. Le premier jour de répétition
à la Maison de la Culture de Nevers, il a débarqué avec un poème de Desnos
et une superbe mélodie. Trop “ romantique ” pour la couleur à donner
avec la mise en scène. J’ai fredonné un air qu’aurait pu chanter Jeanne Moreau !
Eddy a improvisé, Gérard a souri et l ‘aventure a commencé !
Il me fit découvrir Panaït Istrati qui correspondait avec l’écrivain
nivernais Romain Rolland. Un autre spectacle a jailli : Jouez chantez
tziganes ou gadjos ! Nous avons en commun la soif de poésie. Nous
ne négligeons pas de la partager avec un verre de vin ! Le disque Chante
vigne chante vin les allie. Nous nous sommes enivrés en septembre dernier
avec son concert proposé lors du festival A Corps et à Cris !
Souhaitant explorer l’œuvre et la magie Queneau, j’ai
aussitôt pensé à Gérard qui vient de terminer un enregistrement de poèmes
et chansons de Mac Orlan. Le projet
l’a séduit immédiatement. Nous voici partis pour le tour du monde de Raymond
Queneau !